Toute chose a un commencement...

Et voilà. Enfin. Premier article.
Un état morose tout l'après-midi qui me pousse à écrire. Écrire quoi ? Je ne sais pas. Laisse courir mes doigts sur le clavier, laisse le fond de mes pensées s'exprimer...
Et si on commençait par les trucs cons ? Du genre pourquoi ci, pourquoi ça, histoire d'en être débarassés...
Pourquoi un blog : Parce que. Besoin d'écrire, de me libérer de mes pensées. Trop plein de réflexions hasardeuses dans mon esprit embrumé. Ça te plaît, tant mieux. Ça te plaît pas, et alors ? Qu'est-ce que tu fais encore ici ? Regarde, la petite croix rouge en haut à droite t'appelle à bras ouverts. Moi pas. Si t'es ici, c'est de ton plein gré, je ne t'ai pas forcé(e). Donc tu fais ce que tu veux. Je suis franche ; je ne me battrai pas sur le contenu de ce blog. C'est ça et puis c'est tout. Point à la ligne.
Pourquoi "divagations scripturales" : parce que j'écris (va falloir voir quand même à être perspicace, moi...), et parce que ce n'est pas ordonné. Des phrases, jetées à la suite les unes des autres.
Pourquoi cet article : Parce que tout à un commencement, parce que je n'ai pas d'idées pour commencer et qu'il faut bien commencer par quelquechose... Y'a plus original. Je sais. J'y peux rien, c'est moi. 'faut pas s'attendre à mieux. C'est moi, faible, imparfaite, qui aime écrire. Alors forcément mes textes sont comme moi.

Pour terminer ce premier article d'une manière un peu moins désespérante que celle dont il a commencé (ou pas), un petit one-shot que j'ai écrit y'a pas longtemps, un aperçu de mon petit univers spirituel :

Depuis quelques jours, une image fixe te hante l'esprit : une rose noire qui se meurt, au milieu d'une étendue d'herbe verte et tendre. Tu as beau te distraire, penser à autre chose, cette pensée revient.
Tu aimes les roses. A la fois douces par leur velours et garces par leurs épines. Celle que tu aimes est comme ça. Douce et garce à la fois. Tu ferais n'importe quoi pour elle, tu penses même pouvoir souffrir si c'est pour elle.
Dans ta vie de tous les jours, c'est elle qui illumine tes journées, par un sourire, un regard. Tu décides de mettre tant bien que mal de côté l'image sombre de la rose noire, et vit ta vie de tous les jours, avec ses hauts, ses bas, ses joies, ses peines...
Quand un jour, alors que tu te laisse aller à rêvasser, elle revient. La rose noire. Tu ne t'y attendais pas, et tu es suffoqué. Mais maintenant, l'image se précise... la rose noire se meurt toujours dans l'étendue d'herbe, mais autour, une autre plante se fane également. Tu ne sais la reconnaitre. Par contre, des ronces ont poussé, formant un cercle autour de cette plante et de la rose... et les séparant par une ramification épineuse. Cette image te met mal à l'aise ; tu croyais enfin t'en être débarassé, et voilà qu'elle ressurgit... Qui plus est, un sentiment sourd grogne en toi lorsque tu as cette pensée, sentiment que tu ne peux identifier. Encore une fois, tu tentes de laisser ceci de côté. La pensée de voir ta chère et tendre le lendemain t'aide à te réconforter, tu trouves le courage de te lever pour aller te promener.
Déambulant sans but dans les rues, la tête dans les nuages, tu observes le vaste monde autour de toi, que tu trouves si infime dans cette immensité. Tu vois des personnes de tout âge, grandes, petites... aperçoit un couple de loin, main dans la main. Tu as une pensée attendrie pour celle qui illumine ta vie, puis la rose noire dans son étendue d'herbe revient. Et brusquement, tu comprends. Ronce de la vengeance qui te ronge.
Rentrant chez toi, tu cherches quelquechose de blessant, d'épineux. Tu finis par trouver une lame fine. Ta vision te reprend, tu vois une sorte de serpent sinuer entre les ronces jusqu'à entourer la rose noire...
Le lendemain, tu vas la voir. Celle que tu chéris par dessus tout. Elle se dirige vers toi, tout sourire. Ce sourire qui t'a fait chavirer le coeur. Ce coeur qui, en ce moment même, saigne à n'en plus finir, comme le bras que tu viens de t'entailler sous le regard effaré et terrorisé de celle que tu aimes. Ton regard flamboie lorsque tu lui dis : "Cette blessure n'est rien par rapport à celle que tu as faite à mon coeur." La fleur qui s'épanouissait sur le sol de ta vie blêmit. Elle te regarde, fait semblant de ne pas comprendre. "Perfide rose, dont le teint si délicat s'est souillé par le mensonge. Tout n'est plus que noirceur dans ton coeur.", lui dis-tu. Elle devient de plus en plus pâle, perd le peu d'assurance qu'elle avait. Le regard sombre, brillant d'une détermination morbide sans faille, tu sors une corde de ton sac. Elle ondule comme un serpent, puis s'assagit et semble t'obéir lorsque tu la déroule jusqu'au sol, la tord pour faire un noeud. Toi et celle qui représente tout pour toi, vous êtes seuls, dans le petit village dans lequel tu te baladais hier. Au pied d'un lampadaire auquel tu es adossé, tu la fixe alors qu'elle tremble. La corde que tu tiens dans la main s'enroule autour de son cou délicat. La rose noire se meurt, suffoque au-dessus du sol. Tu la regardes, impassible. La haine et la vengeance ont fini de t'aiguiller de leurs épines malsaines, tu te sens perdu. Ton regard machinalement se baisse vers le sol. Encore quelquechose qui fait mal : un éclair affuté, brillant. Tu saisis la lame, et finis ce que tu avais commencé. Comme elle a entaillé ton bras, elle entaille ta gorge, puis ta vie. Tu gis auprès de ta rose, les ronces de la vengeance ont eu raison de vous deux.




.:.Vos impressions par com', j'en serai ravie....:.

# Posté le mercredi 23 janvier 2008 12:47

Triste sensation

Sentiment d'abandon
Qui me ronge avec passion
Sentiment d'inutilité
Bien décidé à rester

J'erre, dans ce monde
Où je ne trouve pas ma place,
Dans ce territoire immonde
Ma vie n'est que fugace...

Toute chose a un commencement
Et ne dure éternellement
Un jour, je cesserai d'errer
Pour vivre en paix, ou ne plus exister...



Triste sensation

# Posté le jeudi 24 janvier 2008 17:16

Un soir comme un autre...


Que dire, lorsque vous avez l'impression que le monde vous tombe dessus ?
Rien.
Que dire, lorsque vous aviez l'impression d'avoir réussi, d'avoir fait quelquechose de bien, mais que le verdict n'est pas en accord avec vos impressions ?
Rien.
Que dire, lorsque malgré vos efforts, votre sourire certes crispé mais qui se veut avenant, votre interlocuteur prend un malin plaisir à vous démonter, à vous balancer des vérités acides telles quelles ?
Rien.
Que dire, lorsque la tristesse vous prend, lorsque vous avez l'impression (même si elle est fausse) d'avoir déçu, lorsqu'on vous dit que si vous aviez fait plus, le résultat aurait été à la hauteur de vos impressions ?
Rien.
Que dire, lorsque vous savez que vous étiez perdu, que vous avez quand même fait de votre mieux, mais qu'on vous targue de timidité et qu'on vous décrit comme réservé et enfermé dans sa tour alors qu'on ne vous connaît même pas ?
Rien.
Que dire, lorsque vous ne savez plus comment réagir, ni quoi faire ?
Rien.

Laisser le temps passer, le laisser oeuvrer sur les blessures qui, imperceptiblement, se refermeront, mais jamais tout à fait... Il restera une cicatrice, plus ou moins sensible, plus ou moins douloureuse, plus ou moins visible... Et qui, par un mot, une circonstance, un geste, une situation, pourra se rouvrir et déverser sa haine et sa rancoeur ; qui pourra même grandir, s'aggraver, jusqu'à ronger l'être entier ; lui ôter tout espoir, briser sa vie, ou au contraire le pousser à ce surpasser et enfin cicatriser... pour ne laisser qu'une fine cicatrice, trace infime à peine sensible, témoignage d'un passé enfin assumé. Mais le temps est capricieux, et ne témoigne d'aucune pitié. Pire et meilleur allié, pire et meilleur ennemi. Savoir se remettre en question, savoir adopter telle ou telle réaction, tel est le dur apprentissage qui se fait de manière autodidacte et permet d'avancer sur ce chemin tantôt paisible tantôt périlleux qu'est la vie...

Un soir comme un autre...

# Posté le samedi 26 janvier 2008 15:44

Modifié le samedi 26 janvier 2008 16:27

Juste une image... qui m'a conquise ^^

Juste une image... qui m'a conquise ^^
Are y0u sUre
this
Will mAke me tAller ?

# Posté le lundi 28 janvier 2008 16:16

Modifié le lundi 28 janvier 2008 16:31

Encore un texte...

Bon, v'là un nouveau texte. Il est LONG, alors prennez votre courage à deux mains (ou ne le lisez pas, au choix, m'enfin ce serait dommage... ou pas ^^. Allez, svp... *regard à faire fondre les pierres*)
Petite présentation : Sur un forum, on a proposé comme thème le récit d'une bataille. Sans grande inspiration, je me suis lancée, après avoir eu je ne sais pourquoi une pensée pour Le Cid de Corneille (allez savoir pourquoi !). Donc voilà ce que ça donne :


Le jeune seigneur s'approcha de son aîné, qui avait osé faire la cour à sa bien-aimée. Rien que l'idée le répugnait : Il était deux fois et demi plus vieux qu'elle !
Non. Parole d'honneur, il ne laisserait pas les choses prendre cette tournure malsaine.

Avec toute l'élégance outrée dont il était capable, pour se donner un tant soit peu de contenance, il se déganta. Face à face avec le Vicomte, il le dévisagea, prononça le nom de sa demoiselle, et souffleta le noble.
Ce dernier ne vit pas venir l'affront du jeune homme qui paradait devant lui, tel un paon qui fait la roue. "Le petit effronté ! Il va le regretter", pensa-t-il aussitôt. A peine eut-il formulé ceci dans son esprit qu'il sortit sa fidèle compagne de bataille : une épée à lame fine, comme un fleuret. L'autre fût surpris ; c'était, il ne voulait pas le dire, son premier duel. Mais l'amour donne des ailes, dit-on. Aussi, fort de la flamme qui brûlait en lui pour la jeune fille de ses pensées, il dégaina lestement son épée lui aussi.

Cependant, on pouvait voir la différence entre le jeune et son aîné. Rien que par l'arme, pour commencer : même si elles étaient de type semblable, leur apparence était différente ; celle du plus jeune était rutilante de nouveauté, la lame n'avait jamais goûté au sang ; celle du plus âgé était certes moins neuve, mais on sentait une énergie qui s'en dégageait, presque féline : elle avait servi dans plus d'un combat, et semblair prompte à fondre à n'importe quel moment sur son adversaire. Lequel adversaire n'en menait pas large : sa prise sur la garde, malgré les nombreux cours d'escrime, ne semblait pas très assurée. La pointe de la lame tremblait légèrement, au contraire de celle de l'autre épée, tenue de la main ferme du Vicomte.

"Me permettez-vous de répondre maintenant à votre affront ?", dit-il, se mettant en garde.
"Volontiers.", répondit le jeune seigneur.

Tel un faucon qui fond sur sa proie, le Vicomte accourt à l'encontre de celui-ci. Sa lame fend l'air à grande vitesse, le jeune homme a à peine le temps de parer les attaques. Le fer des deux épées s'entrechoque, et résonne dans l'atmosphère lourde et tendue du combat. Soudain, les belligérants se figent, face à face, séparés par leurs lames croisées.

"L'expérience te fait cruellement défaut, mon jeune ami", susurre le Vicomte.

Piqué au vif, l'autre ne répond pas et rougit. Il se dégage de l'épée du Vicomte, et met en pratique ses leçons d'escrime. Il cherche à trouver le point faible, attaque rapidement... Mais en vain. L'autre pare ses coups avec une étonnante et agaçante facilité. Rapidement, le jeune s'essoufle, emporté par l'énergie de ses premiers élans. C'est à ce moment que le Vicomte choisit de réattaquer ; cette fois, il s'est assez amusé, et dans son regard une flamme nouvelle s'est allumée. De nouveau, il fond sur le jeune seigneur. La vitesse de ses attaques est cependant supérieure à celle des assauts précédents. On sent le poids de l'expérience, qui lui permet de trouver les failles de son adversaire, lequel peine de plus en plus, et finit par être touché à la taille.

Une douleur fulgurante transperce le corps du jeune homme. C'est donc ça, être blessé. Pourquoi a-t-il inconsciemment provoqué le noble ? Il se rend compte à présent de son infériorité. Mais son honneur ne peut être souillé, il ne faut pas qu'il abandonne. Et sa demoiselle... Va-t-il la laisser à cet homme ? Non. Non, c'est hors de question. Ces pensées lui redonnent de la vigueur, mais hélas, lui font perdre une partie de sa concentration. Une deuxième entaille vient rejoindre la première, puis une sur la cuisse, qui ralentit considérablement ses mouvements. Un coup porté au bras achève de le neutraliser. Tout est perdu. Mais il n'admettra pas sa défaite. Le Vicomte, lui, est lassé de ce combat. Son jeune adversaire est tâché de rouge en divers endroits, mais ne consent à lâcher prise. Celà s'éternise désagréablement. L'assaut suivant sera le dernier. Pour l'ultime fois, il se mit en garde, puis accourut vers l'autre. Pour l'ultime fois, il déjoua la parade affaiblie de son adversaire. Pour l'ultime fois, le fer de son épée s'enfonça dans la chair du jeune homme. Ce dernier s'écroule au sol, un regard d'incompréhension teinté d'incrédibilité sur son visage si jeune. Peu à peu, le sol rougit autour de lui. Le Vicomte, face à lui, rengaine sa lame, le dévisage une dernière fois, puis sans un mot, s'éloigne.

L'amour donne des ailes, dit-on. Cette phrase vint dans la pensée du jeune seigneur agonisant. Ses ailes, à lui, n'allaient pas tarder à le conduire au paradis...

# Posté le jeudi 31 janvier 2008 15:30